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Translation job from French to English (video)

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Bastian:
Here is the 4th part in French. I'll do the same for the 3rd part.
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On a donc découvert un certain nombre de choses dans les transactions immobilières. C'est-à-dire que les immeubles qui appartenaient aux membres de l'OTS changeaient de main très régulièrement, quelques fois plusieurs fois en l'espace de six mois, d'un membre à l'autre de la secte, avec des prix différents, des fois des prix plus hauts, des fois des prix plus bas.

(00:24 Jacques Saint-Pierre)
Si lui, Jo di Mambro achetait la maison, pour vous donner un exemple, qui coûtait 50.000$, la revendait à un membre à 75.000$, et puis c'était revendu à un autre membre 100.000, puis à un moment donné il(s) la revendai(en)t à un particulier qui ne faisait pas partie de l'OTS, lui il pouvait peut-être payer la maison peut-être de l'ordre de 55.000.

(00:44)
C'était manifestement ce qui apparaissait comme des techniques évidentes de blanchiment d'argent. C'est une façon très connue et très facile de faire du blanchiment d'argent dans les transactions immobilières, des pertes, des gains non déclarés ou déclarés ou reportés sur une autre personne, des hypothèques qui changent de main, enfin bref, on s'est rendu compte que c'était très utilisé.

(01:10 - Alain Vuarnet)
Quelque part l'OTS est une sorte de grande lessiveuse pour blanchir de l'argent. Alors blanchiment d'argent pour faire quoi ? Blanchir quoi ?

(01:22 - Journal TV)
Bonsoir. Encore cette terrible affaire du Temple Solaire, et ce qui est nouveau c'est qu'on se rend compte que c'était beaucoup plus qu'une secte, Radio Canada a découvert qu'il s'agissait entre autres d'une couverture pour un réseau de trafic d'armes et de blanchiment d'argent.
(01:35)
Les armes étaient destinées à un homme de paille, par exemple un général d'un pays du Tiers Monde, qui servait de caution morale aux trafiquants. Après quelques tours de passe-passe bureaucratiques, elles se retrouvaient ensuite sur le marché noir.
(01:45)
Cela dit, la Suisse croit que le magot amassé par Joseph di Mambro et l'OTS se trouverait en Australie. La brigade financière a demandé à une banque de Sydney de geler deux comptes qui contiendraient jusqu'à 186 millions de dollars.
(02:04)
Effectivement, des mouvements de fonds importants vers l'Australie ont pu être identifiés sur les comptes de Di Mambro, en particulier un chèque de 93 millions 209 mille dollars.

(02:15 - Maurice Fusier)
93 millions de dollars. Quand on a annoncé cette somme, on c'est qui ? c'est les autorités, c'est officiel. Sauf que 24h ou 48h après, Interpol dit : « excusez-nous, on s'est trompé, 93 c'est l'année de demande, etc. le chiffre est faux ».

(02:37)
Si ces virements de Di Mambro vers l'Australie n'ont pas été exploités, c'est d'abord à cause de l'évidente mauvaise volonté des autorités australiennes. Mais ni l'enquête française, ni l'enquête canadienne, et encore moins l'enquête suisse, n'ont montré beaucoup de pugnacité dans leurs investigations financières.

(02:58 - Me Alain Leclerc)
Dès l'instant où l'on a une organisation criminelle qui fait du trafic d'argent notamment, d'opérations de blanchiment d'argent, eh bien on constate que dans les trois massacres - Canada, Suisse et français - eh ben les dix comptables de l'OTS ont disparu !

(03:11)
S'il y a eu crime, assassinat, c'est très certainement pour, je dirais, orienter l'opinion publique, la Justice, les médias, la Police, vers une issue purement sectaire, afin d'éviter à ce qu'on s'intéresse à justement des magouilles financières.

(03:40)
Des magouilles financières, auxquelles se refuse à croire le jeune juge Luc Fontaine. C'est un peu par hasard qu'il a hérité de cette affaire hors norme. Et pour mener l'instruction depuis le Palais de Justice de Grenoble, le juge Fontaine est seul, désespérement seul face à la complexité du dossier.

(03:59 - Luc Fontaine)
Je crois qu'il faut bien parler de crime, en tout cas pour l'immense majorité des victimes du Vercors, les faits sont complexes parce qu'on n'a pas de témoins directs. Les circonstances-même des crimes sont complexes, l'enquête est extrêmement longue à ce sujet, les témoignages recueillis ont été longs, les expertises ont été contestées - je le sais.

(04:18)
Le juge Fontaine sûrement à un moment donné souffre d'une solitude dans son instruction et dans son enquête parce qu'en effet il est seul.
Peut-être en même temps que ça sera le paradoxe du juge Fontaine, le paradoxe de vouloir rester seul, parce que c'est peut-être aussi l'affaire de sa vie, donc ça c'est un paradoxe, mais à la limite c'est humain. Mais il est tout seul à instruire, il a un enquêteur - parce qu'on dit 80 enquêteurs : vous rigolez ! 80 enquêteurs, une fois qu'on a récupéré les corps dans le Vercors, il n'y a plus 80 enquêteurs, il y a Houvenaghel, point à la ligne !

(04:58)
Le commandant de police Houvenaghel, enquêteur et cornac du juge Fontaine. Un flic expérimenté, mais une personnalité singulièrement contestée. Bien que retraité de la police, le commandant Houvenaghel, lui non plus, n'a pas souhaité s'exprimer devant les caméras.

(05:16)
M. Houvenaghel a participé à cette propagande vers les familles des victimes, qui très clairement et implicitement voulait faire passer le message : « écoutez, arrêtez, arrêtez vos conneries, on a affaire à un suicide collectif, et pas à autre chose ».

(05:33 - Henri Pechot)
Le mardi 15 avril 1997, j'étais à mon bureau, j'étais avec quelqu'un dans mon bureau... et le téléphone sonne, je décroche : M. Houvenaghel au téléphone, qui me dit « vous avez déposé plainte avec constitution de partie civile, donc je dois vous entendre ». Et je lui ai dit que je souhaitais être reçu par le juge Fontaine lui-même, que je m'étais renseigné et que si c'était lui qui m'entendait il pouvait y avoir vice de forme. Donc M. Houvenaghel s'est mis en colère, voilà ce qu'il m'a dit : « on sait bien maintenant que votre frère n'a pas été assassiné, mais qu'il est allé sciemment vers la mort ». Il me conseillait fortement d'abandonner ma plainte et ma constitution de partie civile.

(06:25)
Et M. Houvenaghel a fait la même chose avec mon père. Moi c'est vrai que ça me choque énormément.

(06:30)
Qu'un policier vous dise de retirer votre plainte - on a quand même assassiné trois personnes de ma famille, je ne vais quand même pas retirer ma plainte ! C'est une question de morale pour moi, j'ai un devoir envers les miens, quand même, c'est inadmissible des choses pareilles. Alors évidemment, s'il tenait ce même discours à tous les gens qui ont perdu des membres de leur famille, ben le procès était vite vu, hein !

(06:58)
En décourageant les familles des victimes de porter plainte pour assassinat, le Cmdt Houvenaghel influençait clairement le juge Fontaine pour qu'il s'aligne sur la thèse officielle du suicide collectif. Et c'est dans une atmosphère délétère, que s'ouvre à Grenoble le 17 avril 2001, un procès qui n'est plus celui de l'OTS, mais celui de Michel Tabachnik, simplement poursuivi en correctionnelle pour association de malfaiteurs.

(07:24)
Le drame de cette histoire, c'est que tout le monde fantasme. Est-ce que ce n'est pas Michel Tabachnik qui a commandité les massacres du Vercors ? Nan mais ça s'est dit ! Mais est-ce que vous imaginez où on va, là ? Moi je suis un musicien, un chef d'orchestre, etc., je suis sur mon île, là, sur mon podium. Je vais avoir commandité des massacres, non mais... Et la Justice, elle a rien vu, parce que la Justice c'est tous des [??? une insulte], ils ne comprennent rien à rien, Michel Tabachnik est tellement formidable qu'il a passé entre les gouttes. Non mais on va où ?

(07:52)
Effectivement, loin d'avoir les vertus pédagogiques souhaitées par les plus hautes instances de l'État, le procès de Grenoble tourna vite à la confusion générale.

(08:04)
J'ai le sentiment qu'on a fait un survol judiciaire, de manière à boucler un dossier qui la boucle. Passe muscade [?], la chose est dite. On a condamné quelqu'un, ou on a pas condamné quelqu'un : on a évacué l'affaire.

(08:21)
« Passer muscade » : Tabachnik est finalement relaxé. Le procès se termine dans une confusion totale, sans que personne ne soit réellement satisfait, à l'exception du chef d'orchestre et de ses avocats.

(08:36 - Me Francis Szpiner)
M. Tabachnik a servi de bouc-émissaire d'une affaire très complexe, et c'est l'honneur des magistrats d'avoir estimé qu'il n'y avait pas d'infraction pénale.

(08:46)
Il ne faut pas s'étonner que M. Tabachnik soit relaxé aujourd'hui : il n'a en effet rien à voir, quand vous vous placez dans le procès, avec les circonstances, les vrais faits de la mort des nôtres. Ils ne se sont pas suicidés : on les a tués ! Et aujourd'hui les responsables courrent toujours, ils sont dehors.

(09:03)
Après le bruit et la fureur, l'immense bibliothèque où s'est tenue le procès de Grenoble, a aujourd'hui retrouvé son calme et sa sérennité. Mais les mystères de l'OTS resteronts sans doute à jamais dissimulés, derrière les cadenas soigneusement verrouillés d'une justice, finalement aussi aveugle, sourde et muette que les trois singes de la tradition chinoise.
Pourtant, on a bien l'impression que l'affaire de l'OTS se refuse à mourir, sans doute grâce à la pugnacité des familles des victimes, et de leurs avocats. C'est ainsi qu'en 2003, Me Alain Leclerc lance un nouveau pavé dans la mare. Il vient de prendre connaissance d'une lettre très étrange, émanant d'un cabinet d'avocats de Vannes, et publié dans un journal belge. Cette lettre fait très clairement référence à des pots-de-vin, versés à différents partis, et à l'OTS. Une lettre datée du 21 avril 1997.

(10:10)
Dans ce courrier, il y a en fait un avocat qui s'adresse à une banque française, et qui instruit la banque française à servir des montants à plusieurs partis politiques de droite on va dire.

(10:23)
Soyons précis : une somme de 3 millions de francs devait être versée à [CENSURÉ] et une somme de 1 million au [CENSURÉ]. Sous réserve de l'authenticité de ce courrier, son contenu est en tout cas explosif ! Il y est clairement expliqué que Raymond Marcellin, ancien ministre de l'Intérieur du Général De Gaulle, aurait renoncé à se présenter aux législatives de 1997, contre un dédomagement de 5 millions de francs. Effectivement, Raymond Marcellin, donné gagnant à ces élections, a déclaré forfait à quelques jours du scrutin. Revirement de dernière heure, qui serait lié à l'intervention de Raymond Bernard, ancien grand-maître de l'AMORC, et selon certains, inspirateur-clé de l'OTS, qui aurait lui-même - ce qu'il nie - touché 5 millions de francs. Tandis que l'AMORC, l'OTS et le [CENSURÉ] se partageaient 3 millions. À cette date, tous les dirigeants identifiés de l'OTS avaient disparus depuis plus d'un an, à l'exception de Michel Tabachnik. Alors, qui aurait effectivement profité de cet argent ?
On peut toujours espérer que l'instruction parallèle menée à Vannes fournira un jour la clé de cette énigme. Une énigme parmi beaucoup d'autres, dans une affaire où l'accumulation des incompétences, des incohérences, et des manipulations, empêchera encore pour longtemps les familles des victimes de pouvoir faire un deuil décent de leurs proches.
Tous ceux qui ont été mêlés à cette affaire en sont restés marqués à jamais : parents des victimes, témoins, journalistes, avocats, policiers, magistrat, tous restent hantés par cette tragédie non résolue : 74 victimes, pas de coupable !
Et quelque part, dans une clairière perdue des forêts du Vercors, une simple plaque de bois témoigne pour l'éternité des abysses terrifiantes où peut parfois mener la folie des Hommes.

Bastian:
Here is the 3rd part in French (I haven't been able to check all people names).
I'll continue tomorrow if possible.

Sorry to begin by the end, I wanted to measure the time it would take with the shortest parts.
And sorry for not translating it directly, but I find it easier like that, and I hope we could « parallelize » even more. ;)
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Et pourquoi cette limitation dans l'espace qui permette à cette chaussure d'avoir des lacets en fibre synthétique absolument pas abîmés par la chaleur, c'est un indice, si vous voulez, qui me choque, qui présente pour moi une anomalie thermique.

(00:20)
Les enquêteurs avaient cru pouvoir expliquer la combustion des corps par le seul usage de bois et d'essence. Techniquement impossible, affirme Gilbert Lavoué (?) à la suite de sa contrexpertise.

(00:32)
Par contre, un feu directionnel type lance-flammes permet d'expliquer à la fois, je dirais, le degré de saisissement, si vous voulez, des chairs, et l'état de la chaussure de M. Verdanget (?).

(00:49)
La découverte d'une quantité inhabituelle de phosphore sur le site du Trou d'Enfer confirmerait pour Gilbert Lavoué (?) l'utilisation probable d'un lance-flamme de type militaire.

(01:03)
C'est ça qui nous est pénible dans cette affaire, c'est que l'on a choisi une thèse qui n'était pas soutenable, c'est-à-dire le suicide collectif, ou du crime en vase clos, alors que tout allait dans le sens contraire : une intervention extérieure.

(01:18)
L'intervention extérieure, une théorie fragile mais qui a l'avantage pour les familles des victimes de répondre à la plupart des incohérences et des insuffisances de l'enquête.

(01:26)
Très curieusement, il n'y a pas de traces d'empreintes digitales sur les voitures : ni sur les coffres, ni sur les portières, la police scientifique n'a retrouvé aucune empreinte digitale. C'est quand même curieux !

(01:38)
Et je constate quoi ? Que sur les quatre véhicules, on ne retrouve que deux clés de contact susceptibles d'être les clés de contact de deux véhicules. Mais sur les deux autres il n'y en a pas !

(01:45)
Toujours est-il que les voitures ont été fermées à clé, que les clés on ne les a pas retrouvées, ni sur les adeptes, ni sur leurs effets, ni non plus aux alentours des véhicules. Ça, c'est encore un mystère !

(01:59 - Me Gilbert Collard)
À partir du moment où des indices disparaissent, c'est pas la peine d'être Colombo [série TV] pour le savoir, ça veut dire que quelqu'un les a fait disparaître. À partir du moment où quelqu'un fait disparaître des indices, cela veut dire qu'il a participé à l'acte criminel et qu'il veut effacer les traces qui pourraient remonter jusqu'à lui. Donc on a un élément criminalistique objectif, quelqu'un, peut-être plusieurs personnes, a ou ont cherché à effacer les traces de leur passage. Donc il y a une intervention extérieure, et une intervention extérieure maligne ! Et une intervention extérieure qui survit. Malheureusement ni vous ni moi ne pouvons faire le travail que les enquêteurs n'ont pas fait.

(02:51)
Prisonniers de leur thèse du suicide collectif, les enquêteurs ne semblent même pas avoir envisagé que deux des adeptes, Marie-France Lardenchet, femme du policier exécuteur, et Ute Verona aient pu essayer de protéger leurs enfants de la mort.

(03:05 - Willy Schleimer - charabia !)
Les deux femmes, toutes les deux [eurent] d'abord la figure, la mâchoire  cassées. Ça fait un signe clair et net qu'elles n'avaient pas envie de mourir.

(03:25 - Gisele Schleimer)
Je connais ma fille, elle ne voulait pas se suicider, pas du tout !

(03:29 - Alexandrina Pinheiro)
Ute elle aimait beaucoup sa fille, et je jure du fond du coeur qu'elle n'aurait jamais laissé quelqu'un faire du mal à sa fille. Pour moi ça c'est pas un suicide, ça c'est un meurtre.

(03:39)
Si Mme Pinheiro est aujourd'hui aussi formelle, c'est que dans les jours qui ont suivi la disparition d'Ute Verona, elle a été le témoin direct de comportements policiers pour le moins insolites.

(03:54)
Donc on est le 19 décembre. On ne sait pas encore que les gens sont morts dans le Vercors. On va découvrir les corps le 23, hein.

(04:00)
J'entends du bruit d'Ute, je dis à mon mari : ce n'est pas normal.

(04:10)
Mme Pinheiro est un peu inquiête, parce qu'elle sait qu'Ute et sa fille Tania (?) sont parties, mais elle ne sait pas où. Et elle va voir ce qui se passe.

(04:20)
Et effectivement, il y a un soi-disant policier. Je dis : « écoutez, la propriétaire est absente, comment ça se fait que vous êtes là ? ». Alors il m'a dit : « bon, on est de la police », il est allé chercher la carte, j'ai vu une carte de police...

(04:35)
Il lui demande de s'en aller. Elle a peur, elle s'en va, elle s'enferme chez elle.

(04:39)
Mais moi, bon, un peu curieuse, je suis allé voir mon petit judas, comme c'était la porte juste en face, et après j'ai vu effectivement qu'ils ont emmenés quatre à cinq sacs poubelle noirs avec des affaires, ils ont fermé la porte et ils sont partis.

(04:57)
Bien sûr on ne sait pas qui étaient ces visiteurs, et la police effectivement dément être venue chez Ute Verona. Mais c'est un mystère en plus qui s'ajoute à d'autres mystères.

(05:07)
Un mystère aussi inquiétant que les menaces de mort reçues par Mme Pinheiro au soir de la découverte du massacre du Vercors.

(05:15)
Il y a le téléphone qui a sonné, et moi j'ai eu tout de suite l'en... [?], j'ai mis le haut-parleur, comme ça tout le monde a entendu la conversation, et simplement on m'a menacé, on m'a dit : tu feras partie du troisième voyage puisque tu as trop parlé, tu as vu des choses que tu devais pas voir.

(05:34)
Et en aucun cas c'était quelqu'un dont la voix vous rappelait quelque chose ?

(05:39)
Tout à fait.

(05:40)
Ça vous rappelait quelque chose ?

(05:41)
La voix, oui.

(05:42)
Et ça vous rappelait la voix de qui, alors ?

(05:45)
Pour moi c'était la voix de M. Tabachnik.

(05:51 - Michel Tabachnik)
Ça aurait pu tomber sur quelqu'un d'autre, c'est pas Michel Tabachnik qui est en cause, c'est ce que je représente, c'est l'emblème que je suis pour ces gens. C'est pour ça que je ne les attaque pas, parce que je comprends qu'on a besoin d'un exultoire. Cela dit, je vais leur dire : faites comme moi, excusez-moi, faites-vous soigner. Moi, j'ai quand même été voir des gens, parce qu'on s'en sort pas tout seul dans cette situation. Faites-vous soigner, allez voir un psychanalyste, j'en sais rien, il va vous expliquer que vous en voulez à Michel Tabachnik mais il a clamé partout son innocence, les textes lisez-les vous verrez que c'est rien, il a été blanchi par les deux justices (???) françaises, arrêtez de l'emmerder ! Mais on n'arrête pas de m'emmerder !

(06:30)
Un autre qu'on n'arrête pas d'emmerder dans cette histoire, c'est bien Charles Pasqua, ministre de l'Intérieur mais aussi ancien patron du SAC [Service d'Action Civile]. Il y a en effet cette lettre très bizarre, reçue par Pasqua au lendemain du massacre de Cheiry. Une lettre adressée par di Mambro au « très cher Charlie ». « Nous vous accusons d'avoir délibérément voulu détruire notre Ordre et d'en avoir fait une raison d'État. (...) Nous vous accusons, M. Pasqua, d'avoir prémédité un assassinat collectif. »
Une lettre lourde de reproches, au ton singulièrement amer, et qui semble bien attester des relations personnelles entre les deux hommes. Sollicité à plusieurs reprises, Charles Pasqua n'a pas non plus souhaité s'exprimer devant les caméras.

(07:20)
Dans ces écrits de Jo di Mambro qui s'adresse à ce « très cher Charlie », on ne sait pas quelles sont les relations. Bon, on sait qu'ils se connaissent, on sait que Jo di Mambro a fréquenté les réseaux politiques qui sont les mêmes que ceux qu'a fréquenté Charles Pasqua.

(07:40)
L'ombre de ces réseaux est plus particulièrement celle du SAC, on la retrouve dans une autre affaire d'État, l'affaire Yann Piat, dont les détours tragiques croisent bien étrangement les dérives de l'OTS. C'est dans le Midi de la France, très précisément dans le site enchanteur de l'Île du Levant, qu'Albert Jacobino, l'un des mécènes de l'OTS, possédait une maison et avait appris que l'armée envisageait de vendre plusieurs hectares de terrain militaire. Une opération qui promettait d'être juteuse, une bien curieuse histoire que raconte le militant écologiste Michel Pivert, aujourd'hui réfugié en Ardèche. Très impliqué dans la défense du littoral, Pivert avait rédigé pour les élus locaux, un projet d'aménagement de l'Île du Levant.

(08:30 - Michel Pivert)
M. Avrant (?) qui était directeur du tourisme à la mairie de Hyères, avec pour patron élu M. Corticciato (?), m'ont présenté le travail qu'ils avaient tiré soi-disant de mon étude. Et ils m'ont présenté cette plaquette : L'homme solaire. Alors je l'ai évidemment feuilletée, en fait ce stage tournait autour d'une idéologie un peu déjantée, un peu éthérée, ça sent sa secte, hein !

(09:03)
Dans la foulée, Michel Pivert se rend compte que derrière le projet mystico-ésotérique de l'Homme solaire, il y a aussi et surtout, un énorme projet d'investissement immobilier, en jonction avec la vente des terrains militaires. Pivert tente alors d'alerter la classe politique régionale. Mais seul Yann Piat, personnalité atypique dans le marigot politique de la côte d'Azur, ancienne députée Front National mais écologiste sincère, accepte d'intervenir pour s'opposer à la vente. Quelques semaines plus tard, Yann Piat est assassinée.

(09:36)
Aujourd'hui, bien que l'affaire soit retombée dans les oubliettes, il semble bien qu'Yann Piat ait eu son compte réglé pas par des p'tits truands de bas étage, mais par des gens beaucoup plus importants, et pour sans doute la faire taire sur ce qu'elle savait.

(09:55)
Effectivement, avant l'arrestation des pâles petits voyous décrétés meurtriers officiels de Yann Piat, deux truands notoires membres du SAC, avaient été un moment soupçonnés du crime, les frères Saincené. Bizarrement, on les retrouvaient quelques semaines plus tard asphyxiés aux gaz d'échappement dans leur garage.

(10:13)
Selon les gendarmes, il s'agirait d'un double suicide mais certains éléments laissent planer le doute, notamment un dossier de 25 pages dans lequel Fernand Saincené a affirmé - je cite - « n'avoir aucune envie ni besoin de se suicider ».

(10:24 - Me Yves Soulas)
Saincené disait toujours que s'il lui arrivait quelque chose, « on le suiciderait ». Ne me demandez pas ce qu'il entendait par « on », je l'ignore et je ne veux pas le savoir, mais il disait toujours « on me suicidera ».

(10:38)
Là encore c'est : circulez, il n'y a rien à voir ! Le résultat c'est que quand vous me parlez de l'affaire Saincené, je vous dis : eh bien la Justice s'est prononcée, c'était un suicide ! Moi j'ai envie de dire : le suicide de qui ? Des frères Saincené ou de la Justice ? Parce qu'à la longue, le peuple français va quand même se poser des questions ! Bon, voilà. Moi je n'y ai jamais cru au suicide des frères Saincené.
- Personne !
- D'accord. La Justice y croit.

(11:10)
Plus bizarrement encore, on a retrouvé dans le coffre de la voiture des frères Saincené, deux capes de l'OTS et des lots entiers de brochures de l'Homme solaire. Des brochures que Michel Pivert ne s'attendait pas à revoir à la TV !

(11:28 - Michel Pivert)
J'ai rangé ça avec mon amertume, jusqu'au jour où, ouvrant la TV, je vois ce qui s'est passé en Suisse, dans l'affaire du Temple solaire, et je vois les pompiers suisses sortir des caisses contenant cette plaquette. Et même un deuxième panier avec ceci, qui était une cassette VHS.

(11:50 - la cassette VHS en question)
Viens, viens découvrir l'histoire de l'homme Solaire.
Toi qui vient d'un monde où la vie n'est pas, agressé par le bruit sous un ciel bas, tu ne sais pas.

(12:12)
Au verso, on voit ici apparaître : Production : Direction du Tourisme  de la Ville d'Hyères les Palmiers. Donc je me paye le culot de retourner à la direction du tourisme de Hyères pour en savoir plus. Et on me dit : « ah, M. Avrant (?), non, non, il n'y a plus de M. Avrant (?) ici. » Ah bon ! Et où est-il ? « On ne sait pas. » Le directeur du tourisme de Hyères qui d'un seul coup s'évapore ! Ça m'a paru bizarre ! Et je n'ai jamais pu savoir où il était passé. Donc je demande à voir son patron, l'élu, Corticciato (?) : plus de Corticciato non plus : il a disparu du conseil municipal de Hyères à ce moment-là. Alors je ne sais pas ce qu'il est devenu ce monsieur, je ne m'en suis pas plus inquiété.

(12:56)
Ça veut qu'il y a un lien, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise, il y a un lien. Il y a un lien, mais comme il n'y a pas d'affaire Saincené, comme il y a un suicide, comme il n'y pas d'assassinat...

(13:10)
Il y a effectivement des jalons, des chaînons, entre cette histoire du Temple solaire, Yann Piat, l'assassinat des frères Saincené, etc. Et tout ça tourne autour d'un chaudron de sorcière, sur la côte d'Azur, qui était lié aux magouilles politico-affairistes immobilières qui ont défrayé la chronique à l'époque, hein.

(13:40)
L'immobilier, déjà singulièrement présent dans les magouilles de di Mambro au Canada.
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Gandalf:
Thank you very much Bastian.  :thup:

Bastian:
Hi,

I'm going to do the French transcript for the 1st video.

Palinurus:
Since there was nobody up until now that came foreward to translate I took the liberty of trying my hand in this matter. I'm Dutch with a good working knowledge of both French and English in written form. So, many thanks to Bastian for providing transcripts: I could not have done a translation from the videos due to lack of listening skills.

I used Bing translator as base translation and edited/corrected where and when needed which was quite a lot. There will be fallacies and missed jargons so proofreading is a must! To facilitate correction I coupled each frase in French with its counterpart in English.
To avoid overstretching myself I only translated #4 transcript. It was a tedious, time consuming affair - but I definitely wanted to be of service.

Now without further ado:

On a donc découvert un certain nombre de choses dans les transactions immobilières. C'est-à-dire que les immeubles qui appartenaient aux membres de l'OTS changeaient de main très régulièrement, quelques fois plusieurs fois en l'espace de six mois, d'un membre à l'autre de la secte, avec des prix différents, des fois des prix plus hauts, des fois des prix plus bas.
Therefore a number of things were found in real estate transactions. Namely, buildings belonging to the members of the OTS changed hand very regularly, sometimes several times in six months, from one member of the sect to another, with different prices, sometimes higher prices, sometimes lower prices.

(00:24 Jacques Saint-Pierre)
Si lui, Jo di Mambro achetait la maison, pour vous donner un exemple, qui coûtait 50.000$, la revendait à un membre à 75.000$, et puis c'était revendu à un autre membre 100.000, puis à un moment donné il(s) la revendai(en)t à un particulier qui ne faisait pas partie de l'OTS, lui il pouvait peut-être payer la maison peut-être de l'ordre de 55.000.
(00:24 Jacques Saint-Pierre)
If Jo di Mambro purchased the house, to give you an example, that cost $ 50,000, he would be reselling it to a member for $ 75,000, and then it was resold to another member for $ 100,000, and then at some point they would resell it to an individual who was not part of the OTS and he would perhaps pay for the house may be in the order of $ 55,000.

(00:44)
C'était manifestement ce qui apparaissait comme des techniques évidentes de blanchiment d'argent. C'est une façon très connue et très facile de faire du blanchiment d'argent dans les transactions immobilières, des pertes, des gains non déclarés ou déclarés ou reportés sur une autre personne, des hypothèques qui changent de main, enfin bref, on s'est rendu compte que c'était très utilisé.
(00:44)
This was clearly what appeared as obvious techniques of money laundering. It's a well-known and very easy way to money laundering via real estate transactions, losses or gains not declared, declared or reported on another person, mortgages that change hands, finally in short, one realized that this was widely used.

(01:10 - Alain Vuarnet)
Quelque part l'OTS est une sorte de grande lessiveuse pour blanchir de l'argent. Alors blanchiment d'argent pour faire quoi ? Blanchir quoi ?
(01: 10 - Alain Vuarnet)
Somehow the OTS is a kind of large washing machine to launder money. So, money laundering to do what? Launder what?

(01:22 - Journal TV)
Bonsoir. Encore cette terrible affaire du Temple Solaire, et ce qui est nouveau c'est qu'on se rend compte que c'était beaucoup plus qu'une secte, Radio Canada a découvert qu'il s'agissait entre autres d'une couverture pour un réseau de trafic d'armes et de blanchiment d'argent.
(01: 22 - Journal TV)
Good evening. More on this terrible case of the solar Temple, and new is that we realize it was much more than a sect, Radio Canada discovered it was among other things a cover for a trafficking of arms and money laundering ring.

(01:35)
Les armes étaient destinées à un homme de paille, par exemple un général d'un pays du Tiers Monde, qui servait de caution morale aux trafiquants. Après quelques tours de passe-passe bureaucratiques, elles se retrouvaient ensuite sur le marché noir.
(01:35)
The weapons were delivered to a strawman, for example a General of a third world country, which served as moral guarantor to the traffickers. After a few rounds of bureaucratic sleight, they were then found on the black market.

(01:45)
Cela dit, la Suisse croit que le magot amassé par Joseph di Mambro et l'OTS se trouverait en Australie. La brigade financière a demandé à une banque de Sydney de geler deux comptes qui contiendraient jusqu'à 186 millions de dollars.
(01:45)
That said, Switzerland believes that the moneybox raised by Joseph di Mambro and the OTS would be in Australia. The financial brigade asked a Bank in Sydney to freeze two accounts containing up to $ 186 million.

(02:04)
Effectivement, des mouvements de fonds importants vers l'Australie ont pu être identifiés sur les comptes de Di Mambro, en particulier un chèque de 93 millions 209 mille dollars.
02:04)
Indeed, significant movement of funds to Australia could be identified on the accounts of Di Mambro, in particular a cheque for 93 million 209 thousand dollars.

(02:15 - Maurice Fusier)
93 millions de dollars. Quand on a annoncé cette somme, on c'est qui ? c'est les autorités, c'est officiel. Sauf que 24h ou 48h après, Interpol dit : « excusez-nous, on s'est trompé, 93 c'est l'année de demande, etc. le chiffre est faux ».
(02: 15 - Maurice Fusier)
$ 93 million. When that sum was announced, it was asked who? It is the authorities, it is official. Except that 24 h or 48 h later Interpol said: "excuse us, it was wrong, 93 is the year of application, etc. The number is false."

(02:37)
Si ces virements de Di Mambro vers l'Australie n'ont pas été exploités, c'est d'abord à cause de l'évidente mauvaise volonté des autorités australiennes. Mais ni l'enquête française, ni l'enquête canadienne, et encore moins l'enquête suisse, n'ont montré beaucoup de pugnacité dans leurs investigations financières.
(02:37)
If these transfers of Di Mambro to Australia have not been exploited, it is first and foremost because of the obvious unwillingness of the Australian authorities. But neither the French investigation, nor theCanadian, and even less the Swiss investigation, showed any pugnacity in their financial investigations.

(02:58 - Me Alain Leclerc)
Dès l'instant où l'on a une organisation criminelle qui fait du trafic d'argent notamment, d'opérations de blanchiment d'argent, eh bien on constate que dans les trois massacres - Canada, Suisse et français - eh ben les dix comptables de l'OTS ont disparu !
(02: 58 - Maître Alain Leclerc)
From the moment that there is a criminal organization which trafficked money, notably in money laundering operations, well it was noticed that in the three massacres - Canada, Switzerland and French - the ten Accountants of the OTS disappeared!

(03:11)
S'il y a eu crime, assassinat, c'est très certainement pour, je dirais, orienter l'opinion publique, la Justice, les médias, la Police, vers une issue purement sectaire, afin d'éviter à ce qu'on s'intéresse à justement des magouilles financières.
(03:11)
If there has been crime, murder, it certainly is for, I would say, shaping public opinion,  that Justice, the media, the Police, went towards a purely sectarian outcome, to avoid interest precisely in financial machinations.

(03:40)
Des magouilles financières, auxquelles se refuse à croire le jeune juge Luc Fontaine. C'est un peu par hasard qu'il a hérité de cette affaire hors norme. Et pour mener l'instruction depuis le Palais de Justice de Grenoble, le juge Fontaine est seul, désespérement seul face à la complexité du dossier.
(03:40)
Financial machinations, which the young judge Luc Fontaine refuses to believe. It is just by chance that he has inherited this case out of order. And to carry out the direction from the Palace of Justice in Grenoble, the judge Fontaine stands alone, desperately alone faced with the complexity of the case.

(03:59 - Luc Fontaine)
Je crois qu'il faut bien parler de crime, en tout cas pour l'immense majorité des victimes du Vercors, les faits sont complexes parce qu'on n'a pas de témoins directs. Les circonstances-même des crimes sont complexes, l'enquête est extrêmement longue à ce sujet, les témoignages recueillis ont été longs, les expertises ont été contestées - je le sais.
(03: 59 - Luc Fontaine)
I think we must be talking about crime, in any case for the vast majority of the victims of the Vercors, the facts are complex because we have no direct witnesses. The circumstances of the crimes themselves are complex, the investigation on this subject is extremely long , the received evidence has been long, the expertise has been challenged - I know.

(04:18)
Le juge Fontaine sûrement à un moment donné souffre d'une solitude dans son instruction et dans son enquête parce qu'en effet il est seul.
Peut-être en même temps que ça sera le paradoxe du juge Fontaine, le paradoxe de vouloir rester seul, parce que c'est peut-être aussi l'affaire de sa vie, donc ça c'est un paradoxe, mais à la limite c'est humain. Mais il est tout seul à instruire, il a un enquêteur - parce qu'on dit 80 enquêteurs : vous rigolez ! 80 enquêteurs, une fois qu'on a récupéré les corps dans le Vercors, il n'y a plus 80 enquêteurs, il y a Houvenaghel, point à la ligne !
(04:18)
Judge Fontaine surely at some point suffers from loneliness in his direction and in his investigation because indeed he is a lone one.
Maybe at the same time that will be the paradox of judge Fontaine, the paradox of wanting to remain single, because it may be also the case of his life, so it is a paradox, but in the end it is human. But he is purely single for trial,  he has one investigator - because it was said 80 investigators: you must be joking! There were 80 investigators only once when we recovered the bodies in the Vercors, those 80 investigators are not there any more, there is Houvenaghel, and that's it!

(04:58)
Le commandant de police Houvenaghel, enquêteur et cornac du juge Fontaine. Un flic expérimenté, mais une personnalité singulièrement contestée. Bien que retraité de la police, le commandant Houvenaghel, lui non plus, n'a pas souhaité s'exprimer devant les caméras.
(04:58)
The Commander of police Houvenaghel, investigator and guide of judge Fontaine. An experienced cop, but a particularly controversial personality. Although retired from the police force, Commander Houvenaghel, did not wish to speak on camera.

(05:16)
M. Houvenaghel a participé à cette propagande vers les familles des victimes, qui très clairement et implicitement voulait faire passer le message: «écoutez, arrêtez, arrêtez vos conneries, on a affaire à un suicide collectif, et pas à autre chose>
(05:16)
Mr. Houvenaghel participated in this propaganda towards the families of the victims, he very clearly and implicitly wanted to pass out the message: "listen, stop, stop your bullshit, this is a collective suicide, and not something else."

(05:33 - Henri Pechot)
Le mardi 15 avril 1997, j'étais à mon bureau, j'étais avec quelqu'un dans mon bureau... et le téléphone sonne, je décroche : M. Houvenaghel au téléphone, qui me dit « vous avez déposé plainte avec constitution de partie civile, donc je dois vous entendre ». Et je lui ai dit que je souhaitais être reçu par le juge Fontaine lui-même, que je m'étais renseigné et que si c'était lui qui m'entendait il pouvait y avoir vice de forme. Donc M. Houvenaghel s'est mis en colère, voilà ce qu'il m'a dit : « on sait bien maintenant que votre frère n'a pas été assassiné, mais qu'il est allé sciemment vers la mort ». Il me conseillait fortement d'abandonner ma plainte et ma constitution de partie civile.
(05: 33 - Henri Pechot)
On Tuesday, April 15, 1997, I was in my Office, I was with someone in my Office... and the phone rings, I answer: M. Houvenaghel on the phone, who told me "you have filed a civil complaint, so I must hear you." And I told him that I wanted to be received by judge Fontaine himself, that I had informed myself and if it was him who would hear me there could be a defect of formalities. So Mr. Houvenaghel got angry, this is what he told me: "it is known well now that your brother was not murdered, but that he went knowingly to his death." He strongly advised me to abandon my complaint and my partake as civil plaintiff.

(06:25)
Et M. Houvenaghel a fait la même chose avec mon père. Moi c'est vrai que ça me choque énormément.
(06:25)
And Mr. Houvenaghel did the same thing with my father. As for me, it's true this shocks me greatly.

(06:30)
Qu'un policier vous dise de retirer votre plainte - on a quand même assassiné trois personnes de ma famille, je ne vais quand même pas retirer ma plainte ! C'est une question de morale pour moi, j'ai un devoir envers les miens, quand même, c'est inadmissible des choses pareilles. Alors évidemment, s'il tenait ce même discours à tous les gens qui ont perdu des membres de leur famille, ben le procès était vite vu, hein !
(06:30)
That a police officer would tell you to withdraw your complaint - there still were murdered three members of my family, I'm not even thinking of withdrawing my complaint! It is a question of morality for me, I have a duty to my people, still, it is unacceptable such things. Then, of course, if he gave this same speech to all the people who have lost members of their family, well the trial would be quickly done, eh!

(06:58)
En décourageant les familles des victimes de porter plainte pour assassinat, le Cmdt Houvenaghel influençait clairement le juge Fontaine pour qu'il s'aligne sur la thèse officielle du suicide collectif. Et c'est dans une atmosphère délétère, que s'ouvre à Grenoble le 17 avril 2001, un procès qui n'est plus celui de l'OTS, mais celui de Michel Tabachnik, simplement poursuivi en correctionnelle pour association de malfaiteurs.
(06:58)
By discouraging the families of victims to file a complaint for murder, commander Houvenaghel clearly influenced judge Fontaine so that he would align himself with the official theory of collective suicide. And it is in a poisonous atmosphere, that in Grenoble on 17 April 2001, a trial opens which is no longer that of the OTS, but that of Michel Tabachnik, simply prosecuted in a criminal case for forming an association of wrongdoers.

(07:24)
Le drame de cette histoire, c'est que tout le monde fantasme. Est-ce que ce n'est pas Michel Tabachnik qui a commandité les massacres du Vercors ? Nan mais ça s'est dit ! Mais est-ce que vous imaginez où on va, là ? Moi je suis un musicien, un chef d'orchestre, etc., je suis sur mon île, là, sur mon podium. Je vais avoir commandité des massacres, non mais... Et la Justice, elle a rien vu, parce que la Justice c'est tous des [??? une insulte], ils ne comprennent rien à rien, Michel Tabachnik est tellement formidable qu'il a passé entre les gouttes. Non mais on va où ?
(07:24)
The drama of this story is that everybody fantasizes. Is it not Michel Tabachnik, who sponsored the massacres of the Vercors? No, but it is said! But what do you imagine where one goes to with that? I am a musician, conductor, etc., I am on my island,there, on my podium. I would have sponsored massacres, but no... And Justice, she saw nothing, because Justice consists all of [??? -bad people- - an insult], they understand nothing of nothing, Michel Tabachnik is so great that he evaded the raindrops. No but where do we go?

(07:52)
Effectivement, loin d'avoir les vertus pédagogiques souhaitées par les plus hautes instances de l'État, le procès de Grenoble tourna vite à la confusion générale.
(07:52)
Indeed, far from having the educational virtues welcomed by the highest levels of the State, the trial of Grenoble quickly turned into general confusion.

(08:04)
J'ai le sentiment qu'on a fait un survol judiciaire, de manière à boucler un dossier qui la boucle. Passe muscade [?], la chose est dite. On a condamné quelqu'un, ou on a pas condamné quelqu'un : on a évacué l'affaire.
(08:04)
I have the feeling that there was a judicial review, to just complete a folder that had to be filled. Fill up and file away the thing it is called. It has sentenced someone, or it has not convicted someone: in any case it evacuated the whole affair.

(08:21)
« Passer muscade » : Tabachnik est finalement relaxé. Le procès se termine dans une confusion totale, sans que personne ne soit réellement satisfait, à l'exception du chef d'orchestre et de ses avocats.
(08:21)
"Go nutmeg" (File away): Tabachnik is finally released. The trial ends in total confusion, without any person really satisfied, except the principal conductor and his counsellors.

(08:36 - Me Francis Szpiner)
M. Tabachnik a servi de bouc-émissaire d'une affaire très complexe, et c'est l'honneur des magistrats d'avoir estimé qu'il n'y avait pas d'infraction pénale.
(08: 36 - Maître Francis Szpiner)
Mr. Tabachnik served as scapegoat for a very complex case and it is the honour of the judiciary to have found that there was no criminal offence.

(08:46)
Il ne faut pas s'étonner que M. Tabachnik soit relaxé aujourd'hui : il n'a en effet rien à voir, quand vous vous placez dans le procès, avec les circonstances, les vrais faits de la mort des nôtres. Ils ne se sont pas suicidés : on les a tués ! Et aujourd'hui les responsables courrent toujours, ils sont dehors.
(08:46)
Do not be surprised that Mr. Tabachnik is released today: he has indeed nothing to do, when you place yourself in the trial, with the circumstances, with the real facts of the death of our own. They have not committed suicide: they were killed!  And today the culprits still roam free, they are outside of the law.

(09:03)
Après le bruit et la fureur, l'immense bibliothèque où s'est tenue le procès de Grenoble, a aujourd'hui retrouvé son calme et sa sérennité. Mais les mystères de l'OTS resteronts sans doute à jamais dissimulés, derrière les cadenas soigneusement verrouillés d'une justice, finalement aussi aveugle, sourde et muette que les trois singes de la tradition chinoise.
Pourtant, on a bien l'impression que l'affaire de l'OTS se refuse à mourir, sans doute grâce à la pugnacité des familles des victimes, et de leurs avocats. C'est ainsi qu'en 2003, Me Alain Leclerc lance un nouveau pavé dans la mare. Il vient de prendre connaissance d'une lettre très étrange, émanant d'un cabinet d'avocats de Vannes, et publié dans un journal belge. Cette lettre fait très clairement référence à des pots-de-vin, versés à différents partis, et à l'OTS. Une lettre datée du 21 avril 1997.
(09:03)
After the noise and the fury, the huge library in which the trial of Grenoble was held, today has  refound its calm and its serenity. But the mysteries of the OTS will no doubt remain forever hidden behind the locks carefully closed by a justice, finally just as blind, deaf and mute as the three monkeys of the Chinese tradition.
But it leaves the impression that the case of the OTS refuses to die, no doubt thanks to the firmness of the families of the victims and their lawyers. That is why in 2003, Maître Alain Leclerc launches a new pad in the pool. He just took notice of a strange letter from a law firm from Vannes, published in a Belgian newspaper. This letter very clearly made reference to bribes paid to different parties, and to the OTS. Letter dated 21 April 1997.

(10:10)
Dans ce courrier, il y a en fait un avocat qui s'adresse à une banque française, et qui instruit la banque française à servir des montants à plusieurs partis politiques de droite on va dire.
(10:10)
In this mail, there is in fact a lawyer who adresses a French Bank, giving instructions to the French Bank to pay amounts to several right wing political parties so to say.

(10:23)
Soyons précis : une somme de 3 millions de francs devait être versée à [CENSURÉ] et une somme de 1 million au [CENSURÉ]. Sous réserve de l'authenticité de ce courrier, son contenu est en tout cas explosif ! Il y est clairement expliqué que Raymond Marcellin, ancien ministre de l'Intérieur du Général De Gaulle, aurait renoncé à se présenter aux législatives de 1997, contre un dédomagement de 5 millions de francs. Effectivement, Raymond Marcellin, donné gagnant à ces élections, a déclaré forfait à quelques jours du scrutin. Revirement de dernière heure, qui serait lié à l'intervention de Raymond Bernard, ancien grand-maître de l'AMORC, et selon certains, inspirateur-clé de l'OTS, qui aurait lui-même - ce qu'il nie - touché 5 millions de francs. Tandis que l'AMORC, l'OTS et le [CENSURÉ] se partageaient 3 millions. À cette date, tous les dirigeants identifiés de l'OTS avaient disparus depuis plus d'un an, à l'exception de Michel Tabachnik. Alors, qui aurait effectivement profité de cet argent ?
On peut toujours espérer que l'instruction parallèle menée à Vannes fournira un jour la clé de cette énigme. Une énigme parmi beaucoup d'autres, dans une affaire où l'accumulation des incompétences, des incohérences, et des manipulations, empêchera encore pour longtemps les familles des victimes de pouvoir faire un deuil décent de leurs proches.
Tous ceux qui ont été mêlés à cette affaire en sont restés marqués à jamais : parents des victimes, témoins, journalistes, avocats, policiers, magistrat, tous restent hantés par cette tragédie non résolue : 74 victimes, pas de coupable !
Et quelque part, dans une clairière perdue des forêts du Vercors, une simple plaque de bois témoigne pour l'éternité des abysses terrifiantes où peut parfois mener la folie des Hommes.
(10:23)
Let us be precise: a sum of 3 million francs had to be paid to [censored] and 1 million francs to the [censored]. Provided the authenticity of this mail, its content is explosive! It is clearly explained that Raymond Marcellin, former Minister of the Interior of General De Gaulle, would have withheld to participate in the legislative elections of 1997, against a compensate of 5 million francs. Indeed, Raymond Marcellin, sure winner in these elections, declared default a few days before polls. Reversal of the last hour, which would be linked to the intervention of Raymond Bernard, former grand master of AMORC, and according to some, key inspirer of the OTS, who would himself - which he denies - have raked in 5 million francs. While the AMORC, the OTS and the [censored] shared 3 million. On that date, all the identified leaders of the OTS had disappeared for more than a year, with the exception of Michel Tabachnik. So, who would have actually benefited from this money?
There is always hope that the parallel instruction run in Vannes will provide the key to this puzzle. A mystery among many others, in a case where the accumulation of inefficiencies, inconsistencies and manipulations, will still for a long time prevent the families of the victims to make decent mourns for the loss of their loved ones.
All those who were involved in this case will remain marked forever: parents of victims, witnesses, journalists, lawyers, police officers, magistrates, all remain haunted by this unresolved tragedy: 74 victims, no one guilty!
And somewhere, in a lost clearing of the forests in the Vercors, a simple plate of wood shows testimony for eternity of the terrifying abysses to which the madness of men sometimes may lead.

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